La France a transmis à Bruxelles, le 9 octobre 2026, son projet de plan pour restaurer la nature : pour les villes, l’engagement central est de ne plus perdre d’espaces verts ni d’arbres, avant de les faire progresser après 2030.
- Le plan français « Agir pour restaurer la nature » applique un règlement européen adopté en juin 2024.
- Il a été envoyé à la Commission européenne avec un peu de retard sur l’échéance du 1er septembre 2026.
- En ville, la règle européenne impose aucune perte nette d’espaces verts et de couvert arboré par rapport à 2024.
- La version définitive est attendue en septembre 2027, après consultation du public.
Les points :
Un plan national sous l’œil de Bruxelles #
Le règlement européen sur la restauration de la nature, adopté en juin 2024, oblige chaque pays de l’Union à présenter un plan chiffré. La France devait rendre sa copie avant le 1er septembre 2026. Selon Ecolobizz, elle l’a transmise le 9 octobre.
À lire Terreau pour palmiers extérieurs : le drainage essentiel pour des racines en pleine santé
Le document reste un projet. Il doit encore recevoir l’avis de l’Autorité environnementale, passer devant le public et intégrer les remarques de la Commission avant d’être finalisé, en septembre 2027. Son coût est estimé à environ 2 milliards d’euros par an.
L’essentiel des surfaces concerne les campagnes, les forêts et les rivières. Mais un chapitre vise directement le cadre de vie des citadins, et donc celles et ceux qui jardinent sur un balcon, dans une cour ou au pied d’un arbre.
Ce que la règle européenne impose en ville #
Le texte européen consacre un article entier, l’article 8, aux écosystèmes urbains. Comme le rappelle le réseau des grandes villes européennes Eurocities, les États doivent garantir qu’il n’y a « aucune perte nette » de la surface nationale d’espaces verts urbains, ni du couvert arboré dans les zones urbaines, par rapport à 2024.
Cette première étape court jusqu’en 2030. Ensuite, la surface d’espaces verts doit suivre une tendance à la hausse. Une ville qui perd des espaces verts devra donc les compenser pour revenir au niveau de 2024.
Concrètement, un parc bétonné ou une rangée d’arbres abattue pour un chantier devra être compensé ailleurs. C’est un changement de logique : le vert urbain n’est plus seulement un décor, il devient une surface comptée.
La traduction française du volet urbain #
Dans son projet, la France reprend cet objectif : préserver les espaces verts et le couvert arboré, en évitant leur diminution nette dans les communes concernées. La mise en œuvre passe par les collectivités territoriales, avec une coordination entre l’État et les régions.
Le suivi sera confié aux comités régionaux de la biodiversité et aux instances territoriales. Le document transmis à Bruxelles ne fixe pas encore de chiffre précis par ville, selon Ecolobizz.
Le reste du plan donne une idée de l’ambition générale : transition agroécologique sur 4 millions d’hectares d’ici 2030, restauration de 5 millions d’hectares de forêts, plantation de haies, recréation de zones humides et suppression de plus de 1 700 obstacles sur les cours d’eau.
Les critiques déjà formulées #
Le projet ne fait pas l’unanimité. Les associations environnementales y voient surtout une compilation de mesures déjà engagées dans d’autres stratégies nationales. Elles s’interrogent aussi sur la cohérence avec des décisions qui peuvent dégrader les milieux naturels.
Le financement est l’autre point faible : les 2 milliards d’euros annuels paraissent incertains dans un contexte d’économies budgétaires. Pour les espaces verts urbains, la question est la même, car ce sont les communes qui devront entretenir, planter et compenser.
Ce que cela change pour les jardiniers des villes #
À court terme, rien ne change pour votre balcon ou votre jardin partagé. Mais la logique du plan pousse les municipalités à compter chaque mètre carré de vert, y compris les petits espaces gagnés sur le bitume.
Les pieds d’arbres plantés, les bacs de rue et les jardins partagés participent à cette dynamique. Dans les communes qui proposent un permis de végétaliser, c’est le bon moment pour demander à cultiver un coin d’espace public : les villes auront besoin de ces initiatives pour tenir leurs objectifs.
Pour vos propres plantations, privilégiez les espèces locales et la pleine terre quand c’est possible. Un arbre en pleine terre apporte plus d’ombre et de fraîcheur qu’un arbuste en pot, et c’est précisément le couvert arboré que l’Europe veut voir progresser.
Le ministère de la Transition écologique présente la démarche et ses rendez-vous de concertation sur sa page « Agir pour restaurer la nature ». Une nouvelle phase de participation du public est prévue avant la version définitive.
Questions fréquentes #
Le plan oblige-t-il ma commune à planter des arbres ?
Pas directement à ce stade. Il impose d’abord de ne pas perdre d’espaces verts ni de couvert arboré par rapport à 2024, puis d’augmenter les espaces verts après 2030.
Quand le plan sera-t-il définitif ?
La version finale est attendue en septembre 2027, après l’avis de l’Autorité environnementale, la consultation du public et le retour de la Commission européenne.
Un particulier peut-il participer ?
Oui, lors de la consultation du public prévue avant la finalisation. Localement, un permis de végétaliser permet aussi d’agir dans les villes qui en proposent.




